La vision était très floue.
Cependant, on entendait très bien le vacarme des lames qui
s’entrechoquaient, des flammes qui crépitaient et des
flèches qui sifflaient dans le vent. Enfin, on
commençait à y voir quelque chose. On remarquait un
bataillon de soldat…De soldats ? Non.
C’était des monstres. Le chef du groupe menait ses
troupes de l’avant. Il n’était pas comme les
autres. Lui n’était pas un monstre mais ressemblait
à une ombre, plus sombre que la nuit même. Sa
tête et son corps étaient cachés par un simple
habit noir, entièrement noir. Seuls d’horribles yeux
jaunes étaient visibles, reluisant et terrifiants.
- A mort ! Tuez tous les hommes que vous verrez, n’ayez
aucune pitié ! Cria t’il.
Une voix glaciale dans laquelle on ne percevait
qu’obscurité et mal absolu.
- A mort ! Reprirent les troupes en cœur d’une seule
voix.
L’image se précisait et ce n’était pas de
simples monstres, loin de là : des Raka’dun. Des
Raka’dun sur un champ de bataille, proches d’une
immense et magnifique cité en ruines et en flammes. Les
Raka’dun progressaient à une allure folle, submergeant
les bataillons d’hommes. Et leur chef : Le seigneur des
ténèbres en personne. Ils se trouvaient
à quelques centaines de mètres de la cité. Aux
alentours, tout n’était que mort et désespoir.
Il ne restait que peu d’âmes vivantes. La bataille
avait fait rage toute la journée.
Soudain, un bataillon d’homme arriva vers les Raka’dun.
Les créatures – si on pouvait les nommer ainsi –
s’écartèrent en deux et les hommes furent pris
au piège. Ils combattirent comme ils le pouvaient mais ils
avaient compris qu’ils n’avaient aucune chance. Ils
étaient tués ; beaucoup, transpercés par les
flèches des Raka’dun en retrait. D’excellant
guerriers et d’excellant archers aussi. Les Raka’dun
étaient bel et bien réputés pour être
les meilleures guerriers au monde et surtout les pires ennemis
imaginables. Quelques hommes restants étaient encore en vie.
Un des survivants réagît.
- Repliez-vous ! Tous aux portes! Cria une voix d’homme
à travers le tumulte général.
Quelques hommes se replièrent, les autres malheureux qui
n’avaient rien entendu à cause du boucan se firent
tuer, tranchés par l’épée de l’un,
transpercés par la flèche d’un autre. Quelques
secondes suffirent au massacre. Un massacre ; c’était
bel et bien le mot approprié. Les cadavres jonchaient le
sol. Ils subissaient d’énormes pertes et bientôt
les Raka’dun arriveraient aux portes du palais.
Le petit groupe n’eu pas le temps d’arriver aux portes.
Il envoya une dernière attaque
désespérée. Un homme courageux lança
:
- Pour la reine ! Battez-vous pour votre peuple !
Des sorciers apparurent depuis le camp ennemi. Certains hommes
restèrent en retrait à leur apparition. La peur de
mourir et la puissance des sorciers étaient de trop pour
eux. Les autres continuèrent vers leur fin. Tous auraient
finalement préféré périr à
l’assaut précédent car ils moururent dans
d’atroces souffrances, brûlés vifs par les
boules de feu des sorciers ennemis qui arrivaient maintenant en
nombre. Ceux qui n’avaient pas bougé se firent aussi
tué quelques instants après avoir essayé de
fuir. Il n’y eu aucun survivant et n’y en aurait
surement point.
Les hommes n’avaient vraiment rien pu faire. Les troupes
ennemies étaient arrivées si vite…
L’horrible spectacle avait duré toute la
journée et durait encore. Les femmes, les enfants, tous y
passaient. Certains préférèrent même se
suicider devant l’horreur, préférant leur mort
à la vision d’une guerre perdue d’avance
où leurs amis et leurs frères d’armes tombaient
un à un.
Les Raka’dun avaient commencés par bombarder la
cité à distance. Puis, les flemmes des feux
qu’ils avaient allumés à l’aide de
nombreux projectiles avaient tout ravagé. Ensuite le combat
s’était déroulé autour de la
cité. Les Raka’dun forçaient le passage pour
entrer depuis le matin et ils arriveraient bientôt à
leur fin.
Ils continuaient maintenant leur marche vers la victoire.
Ils arrivaient aux portes ! Il fallait protéger les portes
de la cité à tout prix. Les archers humains qui
étaient sur les murs – ce qu’il en restait
– firent siffler leurs flèches en direction de
l’ennemi.
- Tuez les archers ! Cria le seigneur des
ténèbres.
Les Raka’dun étaient tout ce qu’il y’avait
de plus horrible. Pour eux, la pitié, la peur, l’amour
et bien d’autres sentiments n’existaient pas.
Physiquement ils étaient immenses, portaient de longues
cottes de mailles et de puissantes et immenses épées.
Des monstres profondément terrifiants et la vision du
seigneur des ténèbres était, elle aussi
terrifiante. En fait, il ressemblait à la mort même.
Il avait tué certains faibles de la cité simplement
en les regardant de ses profonds yeux jaunes.
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