Ils
étaient bientôt arrivés. Ils avaient
traversé la forêt qui était sur le chemin et en
sortaient. On commençait à voir le village au loin.
Ils devaient se répartir les tâches. L’un irait
à la scierie. L’autre irait acheter de la nourriture
et ensuite travailler aux champs.
- J’irai aux champs, dit Erwann.
Ils avaient le choix. De toute façon, que ce soit la scierie
ou les champs, les propriétaires avaient toujours besoin
d’aide. C’était des gens sympathiques et ils
payaient toujours bien les personnes qui venaient les aider.
Ils arrivèrent à l’entrée du village. Un
village plutôt pittoresque. Un tout petit village calme et
accueillant. Il était pourtant aujourd’hui
bondé de monde car c’était un jour de
marché.
- A tout à l’heure, on se retrouve ici à la
tombée de la nuit.
Il répondit par un coup de tête. Erwann partît
sur la droite, son frère continua sa route. Erwann devait
avant tout voir les marchands. Achetez ce dont ils avaient besoin,
un peu de nourriture. Il traversa une rue et arriva à
l’allée des marchands. Quel capharnaüm ! Tout le
monde criait en tout sens.
Il repensa à la vision et décida
une bonne fois pour toutes qu’elle n’était que
le fruit de son imagination. Preuve était, qu’un tel
massacre ne pouvait être réel. Cependant, cet air de
déjà vu, il pensait vraiment… Non, il fallait
se fixer, c’était tout bonnement impossible.
Il longea la rue des marchands pour aller
jusqu’aux ventes de nourriture. Il s’approcha de la
place où l’on vendait les fruits. C’était
une marchande qui s’en occupait.
- Bienvenu, dit-elle tête baissée ayant entendu
l’arrivée d’Erwann.
C’était une magnifique femme à en juger par sa
taille et ses…«proportions ». Elle leva la
tête.
- Que souhaiteriez…
Elle coupa sa phrase en voyant Erwann. Elle fût
apeurée et commença à pleurer à chaudes
larmes. Immédiatement, elle tourna les talons et s’en
alla vers un autre acheteur le plus loin possible
d’Erwann.
Il ne comprît pas. Quel problème posait-il ? Pourquoi
cette marchande avait t’elle pu avoir peur de lui a ce point
? Il ne trouva pas la réponse. Après cette vision,
voilà de nouveau un truc qui lui travaillait la tête.
Bizarre…
Il alla prendre des fruits chez le marchand suivant et finît
ses achats. Il partit vers la sortie du village à
l’ouest avec encore tous les évènements
récents dans la tête. Décidément, cette
journée était mouvementée. Enfin,
peut-être se faisait t-il des idées après tout.
Cette femme avait quand même eu un comportement bizarre.
Il sortit du village et se dirigea vers les champs. A
l’embranchement de la sortie du village, il prit à
droite et continua son chemin jusqu’aux champs. Il rencontra
le paysan à qui appartenaient les champs et travailla dur
toute la journée. Il garda la vision de la marchande du
village. Il fut bien payé par le propriétaire et
entama son retour vers le village. Il continua son
chemin jusqu'au point de rendez-vous fixé entre lui et son
frère. Il était un peu en retard. La nuit
était tombée bien vite. Le village était vide
d’homme désormais. Son frère était
déjà là et il espérait qu’il ne
l’avait pas attendu trop longtemps par simple souci de
celui-ci.
- Tu es en retard ! Vite, on rentre.
Il paraissait assez pressé. La pleine lune éclairait
de sa lumière le chemin d’Erwann et
Jidah. Ils entrèrent dans la forêt qu’Erwann
connaissait si bien. Elle était très obscure,
paraissait menaçante. On aurait presque put dire
qu’elle épiait les deux jeunes hommes. Jidah marchait
très vite. Un comportement bizarre selon Erwann. Il
s’arrêta soudain, attentif à tout ce qui se
passait. Erwann en fît de même. Les branches
trahissaient quelques bruits. Des bruits
indéfinissables.
- Tu ne bouges surtout pas ! Chuchota Jidah à son
frère.
Ca commençait à filer la chair de poule à
Erwann. Vraiment que d’événements bizarres ce
jour-ci. Il n’avait jamais vu Jidah si perplexe.
Heureusement, il contrôlait la situation, enfin, apparemment.
Un craquement de branche se fit entendre trahissant des bruits de
pas. La panique commença à submerger Erwann. On les
avait suivis ! Il connaissait la forêt mieux que tout le
monde et il n’avait même pas réussi à
comprendre ça. Il s’en voulait un peu. Il remarqua
qu’ils étaient, lui et son frère,
enfermés entre deux zones surélevées de la
forêt, le parfait endroit et le parfait moment - où
l’obscurité était forte - pour attaquer. Il
savait se battre et était plutôt fort, son
frère aîné et son oncle lui avaient appris
à combattre mais il n’avait pas pris sa dague. Il ne
pensait pas qu’un aller-retour de sa maison au village voisin
pût être dangereux. Il le faisait si souvent !
De nouveaux bruits de pas, puissants et lourds se firent
entendre.
- Cours ! Cria Jidah
Mais c’était quoi ce bordel, pensa Erwann. Ce qui ne
l’empêcha pas de courir comme un dératé.
Il ne connaissait pas la menace alors autant la fuir. De toute
façon il faisait confiance à son frère. Et
pour courir, il courrait !
Soudain, Erwann découvrit leur poursuivant. Il courrait
à leur poursuite, à travers les arbres de la
forêt, très habilement. Jidah avait sorti ses deux
grands poignards de sa tunique. Erwann resta proche de son
frère qui l’attirait vers lui. L’homme ou la
créature les rattrapa et sortit comme par magie de la
forêt. Erwann ne pût s’empêcher de crier
d’effroi. Ce n’était pas un homme mais bel et
bien un monstre au vu de sa musculature et de son gabarit. Il ne le
vit détaillement cependant. Le monstre passa
immédiatement à l’attaque. Erwann
s’écarta de Jidah et attrapa une pierre qu’il
trouva au sol. La créature s’attaqua à Jidah.
Elle essaya de frapper. Elle était très rapide mais
Jidah parvint à éviter le coup sans pouvoir attaquer
pour autant avec ses couteaux de peur de subir les coups de la
créature. Elle continua à frapper mais
s’était dans le vide. Souvent de justesse, Jidah
parvenait à éviter les attaques. Erwann visa et
lança la pierre sur la créature. Elle fût
déstabilisée en pleine attaque et Jidah la poignarda
à l’avant bras. Aucune réaction… Aucun
cri ni révolte. Elle ne fût pas perturbée le
moins du monde. Elle se retourna vers Erwann et lui courra dessus.
Erwann, sans protection ni armes il ne pu esquiver le coup qui
toucha ses côtes. Puis la créature la frappa
violemment à la tête. Il tomba au sol, assommé
et rata la suite des événements. Jidah leva les bras
au ciel. La créature se retourna vers lui et bondit pour
l’attaquer mais il abaissa ses bras dans sa direction et une
gigantesque lumière apparue. La créature poussa son
dernier cri et fût tué en plein vol. Erwann avait
raté toute la scène, toujours assommé.
Ils étaient hors de danger. Jidah était
essoufflé mais s’approcha de son frère encore
assommé et porta ses mains au-dessus de son corps et le
soigna par magie. Il fallait faire attention à ces sorts.
Les sorts de soin utilisaient beaucoup d’énergie et
étaient par ailleurs très dangereux après un
combat comme celui-ci. Mais, non d’un chien que faisait une
telle créature ici ? Ca ne présageait rien de
bon…
Erwann se réveilla.
- Doucement, lui dit son frère. C’est bon, il
n’y a plus rien à craindre.
Jidah enlaça son frère pour le réconforter
puis s’écarta un peu. Erwann vit le corps du
monstre.
- Comment…comment as-tu ? Commença t-il ne
lâchant pas son regard du monstre.
- Comment je l’ai tué ? Il faut croire que les
âmes bienveillantes étaient avec nous et que
j’ai eu un peu de chance, dit il en esquissant un sourire.
Il n’en cru pas un mot. Cette créature les aurait
tués facilement. Il s’était évanoui et
son frère devait lui cacher ce qu’il
s’était passé. Il avait mal vu la
créature dans la nuit, lors de l’attaque. Elle
était pire que ce qu’il avait pensé. Elle
était immense et terrifiante. De puissantes pattes et une
musculature ultra développée. Jidah n’aurait
pas dû survivre. C’était la première fois
qu’il voyait une telle créature.
- Mais qu’est ce que c’est que ce monstre ? Demanda
Erwann encore un peu sonné.
- On ne doit pas rester ici. Je t’explique en rentrant, tu
veux bien ? Dit t-il en relevant son frère.
Il ne se le fît pas dire deux fois. Ils prirent le chemin de
la maison et continuèrent hâtivement.
Il avait été frappé
à la tête, il posa une question intelligente à
ce propos.
- Combien de temps suis-je rester évanoui ?
- Eh bien, environ une petite heure.
Ce qui était totalement faux. Jidah l’avait
soigné, cinq minutes après, il était sur
patte. Simplement son frère ne connaissait pas son
identité de sorcier. Plus tard il le saurait, mieux ce
serait pour lui et surtout pour sa sécurité. Erwann
se posait tout de même des questions. Il avait reçu un
violant coup aux côtes et aurait juré qu’une
bonne paire avaient été touchées et même
très amochées. Enfin, il aurait des explications une
fois arrivé chez lui.
Ils ne parlèrent pas pendant leur retour chez eux,
concentrés, tous les deux sur leur ouïe et leur vue
pour éviter une nouvelle surprise. Vraiment ; quelle
journée !